Une annonce médicale peut parfois tenir en quelques minutes. Quelques mots suffisent pour faire basculer le quotidien : un diagnostic est posé, des examens sont programmés, un traitement est envisagé.

Pourtant, accepter la maladie peut prendre beaucoup plus de temps.

On peut avoir parfaitement compris ce que le médecin vient d’expliquer et, malgré tout, penser : « Je sais que je suis malade, mais je n’arrive pas vraiment à réaliser. »

Ce décalage n’a rien d’étonnant. Comprendre ce qui nous arrive et parvenir à l’intégrer psychiquement sont deux choses différentes.

Accepter la maladie : qu’est-ce que cela signifie vraiment ?

Lorsqu’on parle d’accepter la maladie, le mot « accepter » peut être dérangeant. Comme s’il fallait finir par être d’accord avec ce qui nous arrive ou parvenir à ne plus en souffrir.

Mais accepter ne signifie pas aimer la situation, se résigner ou arrêter de se battre. Cela ne signifie pas non plus devoir rester positif·ve en permanence.

L’acceptation peut plutôt être comprise comme un processus progressif : celui qui permet de faire une place à cette nouvelle réalité dans sa vie, avec toutes les émotions qu’elle peut provoquer. La colère, la peur, la tristesse ou l’injustice ressentie ne disparaissent donc pas nécessairement avec l’acceptation. Elles peuvent en faire partie.

« Je sais que je suis malade, mais je n’arrive pas à réaliser »

Lors de l’annonce d’une maladie, beaucoup d’informations peuvent arriver en très peu de temps : le nom de la maladie, les examens à réaliser, les traitements possibles, leurs effets secondaires, les prochains rendez-vous…

Notre cerveau doit alors traiter une quantité importante d’informations, alors même que nos émotions peuvent être particulièrement intenses. Certaines personnes décrivent une impression d’irréalité. D’autres ont besoin que les informations leur soient répétées ou réalisent seulement quelques jours plus tard ce qui leur a été annoncé.

Car connaître son diagnostic ne signifie pas nécessairement avoir déjà intégré ce qu’il représente pour soi.

Le diagnostic peut être posé en quelques minutes. L’intégrer psychiquement peut prendre beaucoup plus de temps.

Pourquoi faut-il du temps pour accepter la maladie ?

Parce qu’une maladie ne vient pas seulement modifier l’état de notre corps.

Selon les situations, elle peut venir bouleverser notre quotidien, notre autonomie, notre travail, nos projets, nos relations ou encore notre rapport à notre propre corps. Elle peut aussi modifier la manière dont on imaginait les semaines, les mois ou les années à venir.

Il faut alors parfois du temps pour apprivoiser ces changements et trouver de nouveaux repères. Et ce processus n’est pas forcément linéaire. On peut avoir le sentiment d’avoir trouvé un certain équilibre, puis voir réapparaître de l’inquiétude à l’approche d’un examen, d’un nouveau traitement ou d’un résultat médical. Avancer n’empêche pas d’avoir des moments plus difficiles.

Il n’existe donc pas un calendrier précis ni une succession d’étapes que chacun·e devrait obligatoirement traverser pour parvenir à accepter la maladie. Chaque personne compose avec ce qui lui arrive à sa manière et à son rythme.

Quand l’accompagnement psychologique peut-il aider ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être au plus mal pour parler de ce que la maladie vient bouleverser.

Un accompagnement psychologique peut offrir un espace pour déposer ses inquiétudes, mettre des mots sur certaines émotions et réfléchir aux changements auxquels on est confronté·e.

Le rôle du/de la psychologue n’est pas de vous convaincre d’accepter votre maladie ou de vous apprendre à « penser positif ». Il s’agit plutôt de vous accompagner dans ce que vous traversez, à votre rythme, et de vous aider à trouver vos propres ressources et repères face à cette nouvelle réalité.

Accepter ne veut pas dire ne plus être affecté·e

Finalement, accepter la maladie ne signifie pas parvenir à un état dans lequel elle ne nous touche plus. Il peut s’agir, progressivement, de trouver une manière de continuer à vivre avec cette réalité, sans nier les moments difficiles qu’elle peut encore provoquer.

Et parfois, cela prend du temps.